Au “Paradigme perdu”
Le 01/07/2007
À la fois lieu d’exposition et centre de ressources pour l’édition de création, Paradigme propose un nouveau comptoir au livre d’artiste.
La librairie / galerie doit son nom à son étymologie (exemple, modèle en grec) ainsi qu’à sa musicalité. Le Comptoir International du Livre d’Artiste, intitulé ainsi par volonté de favoriser les échanges, de mélanger technique et réflexion autour de l’édition de recherche, est géré par l’équipe d’atelier Vis à Vis (Danielle Ubeda, Emmanuel de Matos, le plus possible de volontaires, de stagiaires et sporadiquement d’emplois aidés).
Le Comptoir International du Livre d’Artiste s’est installé dans l’ancienne imprimerie “Belle de Mai” ; la devanture en faïence, trois grandes armoires Napoléon III et des stocks de papiers vierges ont été conservés. 80 m2 en longueur (sur les 250 m2 du local) sont consacrés à l’exposition de livres d’artistes. Quatre vitrines (réalisées sur commande), trois grandes presses (toujours en service, la plus vieille datant de 1850), un canapé pour consulter paisiblement les fonds et des armoires en guise de présentoirs : un lieu épuré pour rendre plus visibles les livres.
Au fond, une pièce qui contraste avec la première : emplie de machines d’imprimerie, elle respire l’encre et le plomb. Ne pas se laisser tromper par le calme de ces grandes bêtes noires d’huile. Une fois en marche, la fabrique reprend ses droits. Paradigme se veut justement un espace où les techniques de lithographie, sérigraphie et typographie sont partie intégrante de l’art.
Trois grandes thématiques d’exposition sont au programme : la technique, les productions d’un pays ou d’une région et le livre d’art dans l’œuvre d’un artiste. Pour l’ouverture en juillet 2006, une partie du fonds de l’atelier Vis à Vis avait été mis en avant, puis “Le livre d’art contemporain japonais”, l’exploration de “La gravure dans le livre d’art” et la présentation des travaux de “Richier, Surian et Ceccarelli”. Au programme, du 10 mai au 7 juillet 2007, “Le livre d’artiste dans l’œuvre de Claude Viallat”.
Des sérigraphies originales ont été réalisées par certains des artistes lors des soirées inaugurales et deux documentaires sur les ouvrages de Surian et Ceccarelli ont été tournés dans leurs ateliers (autour des questions : “pourquoi ce livre ?”, “comment ?”). On peut les visionner sur place.
En ouverture de chaque nouvelle proposition artistique : un vernissage. Pendant ces soirées, un atelier découverte de la sérigraphie fonctionne parfois, comme trait d’union entre technique d’édition et exposition de livres. On retrouvera par là la volonté de Paradigme de revenir au sens originel du mot : “qui désigne depuis 1880 le jour d’ouverture d’une exposition de peinture, les artistes étant autrefois autorisés à achever d’y vernir leurs tableaux”. (in Le Robert historique).
Voilà déjà trente ans qu’Emmanuel de Matos et Danielle Ubeda font vivre le livre d’artiste, de Paris à Marseille, de galerie en imprimerie, d’atelier en librairie. Ils ont voulu faire de Paradigme un “lieu de ressource / librairie” et présentent un fonds de 15 éditeurs de recherche. Les bibliothèques, les librairies spécialisées et les particuliers peuvent s’adresser au Comptoir International du Livre d’artiste pour leurs recherches et commandes spécifiques en matière de livres d’artiste aux tirages confidentiels et souvent introuvables.
Ouverte les jeudi, vendredi et samedi (ou sur rendez-vous), la librairie / galerie est encore peu fréquentée. Paradigme, en sa qualité de bon exemple, se veut inspirateur d’initiatives et de mouvements artistiques, afin de tendre toujours davantage vers un paradis de la littérature, où le livre maintes fois reproduit disparaîtrait au profit d’exemplaires uniques. La librairie souhaite également devenir une pépinière de créations alternatives (telles que fanzines, revues de lycéens, publications à vocation littéraire) et donner une place à toute cette littérature encore émergente.
Le lieu se propose d’accueillir lectures, projections et autres performances littéraires et artistiques.
Reste une table basse à trouver, des cimaises pour accrocher des estampes aux murs, et d’autres documentaires à tourner. Visiteurs avec des projets en chantier ou simple curieux, venez vous accouder au Comptoir International du Livre d’artiste !